LA SANTÉ DE NOS SOLS, UNE RICHESSE COLLECTIVE

Ressource essentielle pour la croissance et la vitalité des végétaux, la terre est l’actif le plus précieux des producteurs agricoles et leur principal outil de travail. Un sol vivant et productif est à la base de l’agriculture. C’est pourquoi les agriculteurs suivent des formations, s’informent et adoptent toujours plus nombreux des pratiques agroenvironnementales. Un sol en santé requiert moins d’engrais et de fertilisant pour un même rendement. Il est plus stable et moins propice à l’érosion. Il offre également une biodiversité importante, de même qu’une disponibilité accrue de nutriments.

 

Pratiquer une agriculture durable, c’est chercher à obtenir un rendement optimal plutôt que maximal, question de ne pas épuiser le sol. Il importe de bien connaître les besoins en nutriments et les caractères propres aux parcelles où les plantes sont cultivées. Tout en évitant les excès, les quantités d’engrais appliquées par les producteurs servent à entretenir la fertilité des sols, particulièrement les engrais organiques provenant des déjections animales de la ferme. La fertilisation des cultures est d’ailleurs une activité encadrée au Québec. En vertu du Règlement sur les exploitations agricoles, les producteurs doivent, tous les ans, faire préparer un plan de fertilisation par leur agronome, indiquant les doses de fumiers, d’engrais minéraux et de nutriments nécessaires aux besoins de leurs cultures et respectueux de l’équilibre du sol. Ils tiennent également un registre des épandages afin de ne pas saturer le sol de matières fertilisantes et de protéger la terre et l’eau.

 

Protéger cette ressource précieuse qu’est un sol en santé, c’est garder sa composition organique et nutritive riche, éviter l’érosion par le vent et par l’eau, faire attention que la machinerie agricole ne l’endommage pas, empêcher que sa structure devienne trop compacte ou instable. Elle ne permet pas seulement à des végétaux de bien pousser, elle a aussi un rôle essentiel dans le cycle de l’eau, l’épuration, la dégradation des polluants, la biodiversité et la réduction des gaz à effet de serre.

 

Pour conserver ou améliorer la santé des sols des champs, plusieurs pratiques sont utilisées par les agriculteurs : préférer les rotations de cultures (c’est-à-dire ne pas cultiver chaque année la même chose sur une même parcelle), utiliser des plantes couvre-sol pour le protéger de l’érosion et le nourrir, réduire le travail de machinerie et effectuer du semis direct, donc sans labour, laisser les résidus de culture qui viendront fertiliser la terre…

 

La terre est un écosystème vivant qu’il ne faut pas dégrader ou épuiser. Que ce soit dans les champs de grandes cultures ou dans le jardin du particulier, il est essentiel de garder nos sols en santé pour que ce qui y pousse puisse s’y nourrir, grandir et nous nourrir à leur tour.